Trois figures pour douze branches
Une branche terrestre prise isolément ne dit qu’une partie de ce qu’elle fait dans un thème. Ce qui la met en mouvement, ce sont ses rapports avec les autres branches présentes. L’astrologie chinoise en retient trois figures, et elles portent des noms distincts parce qu’elles ne décrivent pas la même chose : les alliances par paires, appelées Liu He, les chocs frontaux, appelés Liu Chong, et les triangles d’affinité, appelés San He.
Les trois se superposent sur le même cercle de douze branches, ce qui explique qu’une même branche apparaisse dans les trois listes. Elle y tient à chaque fois un rôle différent, et rien n’oblige ces rôles à se contredire. La page mère du module replace ces branches dans l’architecture des quatre piliers.
Les six alliances, Liu He
Six alliances relient les branches deux à deux. Leur particularité est qu’une paire ne se contente pas de bien s’entendre : elle produit un élément.
| Alliance Liu He | Élément produit |
|---|---|
| Zi et Chou | la Terre |
| Yin et Hai | le Bois |
| Mao et Xu | le Feu |
| Chen et You | le Métal |
| Si et Shen | l’Eau |
| Wu et Wei | le Feu |
Six paires, six productions, mais cinq éléments seulement : le Feu apparaît deux fois, porté par Mao et Xu d’un côté, par Wu et Wei de l’autre. La Terre, le Bois, le Métal et l’Eau sont chacun produits par une seule paire.
Un point de vocabulaire mérite ici toute l’attention du lecteur. Le Wu de la sixième ligne est une branche terrestre. Un tronc céleste se romanise lui aussi Wu : ce sont deux caractères chinois distincts, et l’un ne se déduit jamais de l’autre. La coïncidence de romanisation est l’une des sources de confusion les plus tenaces du système.
Les six chocs, Liu Chong
Le second jeu de paires oppose les branches diamétralement opposées sur le cercle des douze. On parle de choc frontal, Liu Chong.
| Choc Liu Chong |
|---|
| Zi contre Wu |
| Chou contre Wei |
| Yin contre Shen |
| Mao contre You |
| Chen contre Xu |
| Si contre Hai |
Six chocs, comme il y a six alliances, et la symétrie n’a rien d’un hasard : sur un cercle de douze positions, chaque branche a exactement une branche qui lui fait face.
Une partition exacte des douze
C’est la propriété la plus remarquable de ces deux figures, et elle se vérifie d’un simple coup d’œil sur les deux tables. Les alliances comme les chocs apparient les douze branches exactement une fois chacune. Aucune branche n’est laissée de côté, aucune n’apparaît deux fois.
La conséquence est nette : chaque branche possède un allié Liu He et un seul, un adversaire Liu Chong et un seul. Il n’y a ni branche isolée, ni branche surchargée de rapports. Cette régularité est aussi un outil de vérification : une liste d’alliances ou de chocs qui laisserait une branche sans partenaire, ou qui en placerait une dans deux paires, serait fautive. Les tables ci-dessus se contrôlent seules.
Les quatre triangles, San He
La troisième figure ne fonctionne plus par paires mais par groupes de trois. Quatre triangles d’affinité réunissent chacun trois branches autour d’un élément.
| Triangle San He | Élément |
|---|---|
| Shen, Zi et Chen | l’Eau |
| Hai, Mao et Wei | le Bois |
| Yin, Wu et Xu | le Feu |
| Si, You et Chou | le Métal |
Quatre triangles de trois branches font douze : ici encore, les douze branches se répartissent sans reste et sans doublon. La différence avec les alliances tient au nombre d’éléments concernés. Les triangles portent l’Eau, le Bois, le Feu et le Métal. Aucun ne porte la Terre.
On notera que les regroupements ne recopient pas ceux des alliances. Zi s’allie à Chou dans les Liu He, mais forme son triangle avec Shen et Chen. Les trois figures se lisent en parallèle, sur les mêmes douze branches, sans jamais se déduire l’une de l’autre.
Ce que ces figures ne sont pas
Alliances, chocs et triangles relient des branches, pas des personnes. Une alliance Liu He entre deux branches ne dit rien, à elle seule, de l’entente entre deux êtres humains, et un choc Liu Chong n’annonce aucun conflit particulier. L’animal de l’année de naissance, le seul que tout le monde connaisse, n’est qu’un caractère parmi ceux d’un thème : une compatibilité établie sur lui seul laisse de côté l’essentiel.
Ces trois figures décrivent une structure. Elles disent quelles branches se répondent, lesquelles se font face, lesquelles se rassemblent autour d’un élément commun. Elles ne prédisent rien, et elles ne se lisent qu’à l’intérieur d’un thème complet, en tenant compte des branches qui y sont réellement présentes.